Romans adultes

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Le Convoi de l'eau
 
Auteur: Akira YOSHIMURA


Public: 


Peur dans la montagne

Résumé :

Une équipe d'ouvriers est envoyée dans une vallée perdue du Japon pour construire un barrage. Parmi ces ouvriers, il y en a un, le narrateur, qui est venu pour expier ses fautes dans l'éloignement et le silence car il a tué sa femme qui le trompait. Dans cette vallée il n'y a qu'un village oublié de tous, redécouvert à la fin de la seconde guerre mondiale suite à l'accident d'un bombardier dans les montagnes. Le village et le cimetière qui l'entoure sont destinés à disparaître sous les eaux du barrage. Des dynamitages commencent, qui endommagent les toitures en plaques de mousse des habitations. Imperturbablement les villageois les réparent. Le minimum de contact s'établit entre les ouvriers qui ont leur campement dans la forêt et les villageois dans la vallée. Un jour, on apprend qu'un ouvrier a abusé d'une jeune fille du village.


Commentaire :

Les éditions Actes Sud semblent s’être fait la spécialité de dénicher et de publier de somptueux romans courts aux atmosphères à la fois réalistes et magiques. Ce « Convoi de l’eau » japonais n’est pas sans évoquer les ambiances de « Ailleurs » et « Le Chasseur » de Julia Leigh, auteur australien. Le cadre, ici, est une forêt, un lieu à fort pouvoir symbolique dans toutes les cultures. La forêt « sauvage », primitive, peuplée momentanément d’ouvriers venus de tout le pays et maîtres de la technique, surplombe, sur le contrefort d’une montagne, un hameau où réside une humanité sédentaire, ancrée dans son territoire, liée à ses ancêtres par son cimetière. Les deux communautés humaines se côtoient, s’épient, avec des sentiments mêlés d’attirance, de curiosité et de répulsion, sans vrai contact. Et quand contact il y aura, ce sera une agression sexuelle. Le lecteur vit les événements, ressent les émotions à travers les yeux du narrateur « extérieur » au groupe d’ouvriers dont il fait cependant partie, car son secret crée une sorte de lien moral avec les habitants du hameau. Il ne peut pas quitter son crime comme ils ne peuvent pas quitter leur sol. Tout le roman baigne dans un climat de violence larvée, d’inquiétude diffuse, de danger latent, réel ou supposé. Une atmosphère macabre envahit progressivement le récit qui parle, à sa manière poétique et terrible, de faute et de rédemption, de vie et de survie.