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  Chronologie de Lucien Descaves

Lucien Descaves (1861 - 1949) de la commune de Paris à l'Académie Goncourt

1861. Naissance, le 18 mars, de Lucien Descaves au Petit Montrouge. Son père,  Alphonse Descaves, est graveur en taille-douce.

1871. Fréquente le Théâtre de Belleville avec ses grands parents maternels et voit  de « vieux mélodrames ». On en trouvera la trace dans ses oeuvres.

1877-78. Premiers écrits en vers et en prose.
Scènes et récits de la vie intime (inédit).

1880. Entre au Crédit Lyonnais. Amitié avec les frères Edouard et Paul Gravollet, avec qui il entretient une importante correspondance.

1882. Le Calvaire d'Héloïse Pajadou (Kistemaeckers), son premier roman publié.
Fait la connaissance de Huÿsmans, Hennique, Alexis.

photo de Huÿsmans
Huÿsmans

1882-86. Service militaire. Incorporé au 129è régiment d'infanterie de ligne. Sortira avec le grade de sergent-major. Il en tirera la matière de ses écrits antimilitaristes.
Une vieille rate (Kistemaeckers).
La Teigne (Kistemaeckers), roman sur les milieux de la gravure.

1887. Fréquente le Grenier d'Edmond de Goncourt, qui décrit « toujours dans sa personne l'aspect d'un enfant rageur » (Journal, 29 mars 1888).
Publie Misères du sabre.

gravure de Lucien Descaves

Signe, dans le Supplément littéraire du Figaro (18 août) le « Manifeste des Cinq » (avec Bonnetain, Rosny, Paul Margueritte, Gustave Guiches), virulent pamphlet anti-zolien à l'occasion de la publication de La Terre. Il regrettera ce geste plus tard.

1889. Publie Sous-Offs, roman antimilitariste, dont le titre primitif était Les Culs  rouges. L'auteur et l'éditeur (Tresse et Stock) sont poursuivis en justice pour délit d'injures envers l'armée.

Lucien Descaves en uniforme
Lucien Descaves en uniforme

1890. L'Envers du galon (Tresse et Stock), drame en drame en un acte, en prose ; devait être représenté au Théâtre-Libre avec Eugénie Nau dans le rôle de France mais fut retiré à cause des poursuites dont Sous-Offs était alors l'objet.
Publie   Sous-Offs  en Cour d'Assises (Tresse et Stock).

1894. Publie Les Emmurés, roman sur les aveugles. Important compte rendu par Jules Renard dans le Mercure de France (janvier 1895).

1901. Publie La Colonne, roman sur la Commune et l'affaire Courbet (destruction de la Colonne Vendôme). La sympathie de Descaves pour la Commune se manifestera encore plus tard.

1902. Importante préface à Gustave Lefrançais, Souvenirs d'un Révolutionnaire. Descaves est son exécuteur testamentaire ; « mon initiateur et presque mon second père », écrira-t-il en 1934.
Tiers Etat, comédie en un acte (Théâtre Antoine, 6 mai 1902).

1903. Les Souliers, Scène judiciaire (avec René Vergught), « destinée à être jouée devant un public socialiste » (Théâtre de la Coopération des Idées, 26 avril 1903).
Fait partie de la première Académie Goncourt avec Huÿsmans, Hennique, Mirbeau, Rosny, Paul Margueritte, Elémir Bourges, Gustave Geffroy.

1907. Mort de Huÿsmans, dont Descaves est l'exécuteur testamentaire.

1908. Importante préface au livre de Léon et Maurice Bonneff, La Vie tragique des Travailleurs.

1911. Atelier d'aveugles, drame en 1 acte, représenté au Grand Guignol le 9 mai 1911.

1913. Publie Philémon, vieux de la vieille (Ollendorff). La Saignée (avec Nozière), drame en cinq actes (Ambigu, 2 octobre 1913).

1914. Publie Barabbas. Paroles dans la Vallée, avec des dessins de Steinlen.

1919. Directeur littéraire au Journal (succède dans ces fonctions à Henri de Régnier).

1920. Publie Ronge-maille vainqueur, pamphlet sur les prévaricateurs de guerre, censuré en 1917.
L'As de coeur, comédie en trois actes (Théâtre des Arts, 19 mars 1920).

Ronge Maille

1922. Ecrit une postface pour l'édition définitive de Soeur Philomène des Goncourt (Flammarion-Fasquelle).

1925. Accepte de faire partie du Comité d'Honneur de Pierre Kropotkine.

1927. Rassemble les études et préfaces de Huÿsmans dans un volume intitulé En Marge.
Préside le Pèlerinage Littéraire de Médan. « J'attendais depuis vingt-cinq ans ce rendez-vous, et c'est parce que je l'attendais en vain que je crus devoir à mon tour, il y a trois ans, faire acte de contrition en regrettant hautement, après Paul Margueritte, Rosny et Gustave Guiches, d'avoir mis ma signature au bas du Manifeste des Cinq, en 1887, à l'époque où Emile Zola publiait La Terre ».

1930. Publie Regarde autour de toi (Spes), recueil de 29 nouvelles.

1931. Ecrit une préface pour le roman posthume de Léon Cladel I.N.R I. (Librairie de Valois), rappelant avec émotion le souvenir de Séverine et le mot de Rochefort : « La Commune est le seul gouvernement honnête que la France ait jamais eu ».

1932. S'éloigne de l'Académie Goncourt lorsque Voyage au bout de la nuit de Céline n'est pas retenu pour le Prix.

1936. Cède, par contrat, sa collection de livres, journaux, brochures et documents manuscrits relatifs à la Commune, à l'Institut d'Histoire Sociale d'Amsterdam.

1941. Publie Les Dernières années de J.-K. Huÿsmans (Albin Michel), dédié « A J.-K. Huÿsmans Mon Maître, mon Ami et mon refuge aux jours d'épreuve ».

1946. Publie Souvenirs d'un ours  (Editions du Pavois).

1949. Mort, le 6 septembre, de Lucien Descaves. Le Paris littéraire assiste aux obsèques, rejoint par les Compagnons du Tour de France, venus rendre hommage à celui qu'ils avaient symboliquement nommé « Noble coeur de Lutèce ».